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Olivier Besancenot sort de son rôle traditionnel de Porte-parole de la LCR pour nous proposer, dans un ouvrage écrit en collaboration avec Michaël
Löwy, une biographie politique, celle d'un héros de la révolution qui a pris une dimension internationale et est presque devenu à l'occasion un produit marketing comme un autre ("Che
Guevara, une braise qui brûle encore", édition Mille et une nuits).
Par delà ce simple fait littéraire, on peut avec lui s'interroger sur les influences, et partant les idées, dont doit se prévaloir la Gauche française ?
Il semble presque naturel que Ernesto Che Guevara occupe une bonne place au sein du panthéon des hommes de Gauche, quel que soit par ailleurs le regard que l'on puisse porter sur les
actes de cet homme épris de révolution et résolu à combattre par les armes des régimes pour le moins autoritaires.
Cependant, le problème avec le Che, c'est justement ce qui fait son attrait ; cette pureté "idéologique" qui le conduisit à s'inscrire dans des processus de révolte plutôt que dans l'action
gouvernementale et l'exercice du pouvoir.
Ainsi donc il ne laisse rien, si ce n'est le modèle d'un homme qui ne se plia jamais. Je veux dire par là qu'il m'apparaît pour le moins hasardeux de définir une ligne politique en s'inspirant de
cet unique et écrasant exemple. D'une part parce que les temps ont bien changés depuis l'époque de la révolution cubaine et des guerrillas marxistes. Mais pas seulement. Pas uniquement pour
cette raison.
Tout autant en fait par besoin de définition d'une gauche qui sache s'extirper du bourbier marxiste-léniniste. Car la Gauche exista avant Marx et Lénine. Particulièrement en France, pays de
la Commune et du Front Populaire. Nous ne manquons donc pas d'exemples et de modèles pour délimiter le champ de conscience de la Gauche hexagonale. Jaurès, Blum, pour ne citer qu'eux, comptent
parmi ces figures structurantes qui peuvent nous inspirer et surtout permettre à la Gauche de tourner la page d'un totalitarisme dont le souvenir pèse encore (bien que la tradition de la Gauche
européenne soit bien éloignée des conceptions staliniennes de l'exercice du pouvoir).
Les exemples de Jaurès, l'apôtre du pacifisme, de Blum, l'homme de Gauche qui sut s'inscrire dans un projet politique de gouvernement, me semblent en définitive constituer des biens meilleurs
référents, en ce qu'ils portent en eux des valeurs politiquement applicables tout autant que hautement respectables. Trotsky et Che Guevara sont certes des hommes incontournables pour
qui tente de synthétiser en un corpus idéologique cohérent des valeurs et des idées dites de Gauche. Cependant, ils ne sont pas les seuls, ni les plus féconds. Loin de là !